Et moi j'avais encore envie de te défendre , encore envie de cracher dans leurs regards pétillants de moqueries . J'avais encore envie de leur dire " arrétez de parler d'elle comme ça . " Envie de leur crier que cette fille qu'ils voient là n'est qu'une image fragile et trouble , impuissante face aux décadences du monde. J'étais là à me demander ce que je foutais ici , j'étais là à repenser à toutes ces fois où j'étais de ton côté , me persuadant malgré tout que j'étais la seule à te connaitre vraiment . Mais je suis arrivée à me dire que la persuasion était un moyen très facile pour calmer nos phobies , nos maux , notre peur du rien & du vide . Peut - être que ne j'ai jamais voulu voir la vérité en face , ce vide , car c'est tellement plus facile de se croire invicibles que de penser une seule seconde que tout ça ne tiendra pas . On se croyait invincibles parcequ' on se faisait des promesses , parceque malgrè notre différence on avançait à deux . Nous décrire comme nous le faisions était sûrement trop haut , trop superficiel , trop faux . Ces deux mots sonnaient faux parce que malgré notre lien fusionnel nous étions bien trop éloignées . Je ne regrette pas tant ce nous que la tournure que ça a pris . Et même si j'avance la tête haute et le sourire aux lèvres , mon amertume ne reste pas moins cachée au fond de ma gorge . Mes mots ne seront jamais assez suffisants , et toujours bien trop maladroits . Si je t'en veux encore aujourd'hui ne cherche pas de raisons valables , il n'y en a pas vraiment . T'en vouloir c'est encore garder un lien avec toi . Car j'ai peur de l'indifférence et de l'oubli . Et si j'écris encore ces quelques phrases , c 'est que les regrets me bouffent ; de mes souvenirs j'anorexis . Je m'excuse pour tout , je m'excuse de nous .



